• Richard II (996-1026)

     

    A sa mort en 996 Richard I laisse un domaine pacifié depuis 30 ans à un enfant. Cette minorité permet une révolte générale de la paysannerie. Mais ce soulèvement n'est pas dirigé contre le pouvoir des descendants de Rollon. Il montre au contraire que la Normandie s'inscrit dans l'évolution de la société féodale à ses débuts. Les paysans tentent de repousser les pressions croissantes et les exactions de l'aristocratie.

    Simultanément, des troubles dans l'Hiémois, région de la Normandie centrale, sont, par contre, une tentative plus classique d'un membre de la famille régnante, Guillaume d'Exmes, de s'emparer du pouvoir. Les deux rébellions sont mâtées par les tuteurs du jeune Richard. La répression contre les paysans est particulièrement sanglante.

    Cette période de trouble permet aux vikings danois d'utiliser la Normandie comme base pour de nouveaux raids en Angleterre. Le roi Ethelred demande l'aide de Richard II et leur alliance est scellée par un mariage. Emma, sœur de Richard épouse Ethelred en 1002.

    De ce mariage découle une situation politique lourde de conséquences. La princesse normande Emma, veuve d'Ethelred épousera le danois Cnut, vainqueur en 1016 des héritiers d'Ethelred. Elle sera la mère du dernier roi danois d'Angleterre, Harthacnut (1040-1042). Or les fils d'Emma et d'Ethelred sont réfugiés à la cour de Richard. Le prince Edouard est élevé à la cour du duc de Normandie et s'entoure de compagnons normands. Quand il reprend son trône en 1042, les Normands sont directement impliqués dans les affaires de la couronne d'Angleterre.

    En France, Richard Il se comporte comme le vassal loyal du roi Robert le Pieux. Il participe avec lui à des expéditions en Bourgogne (1003, 1005) ou en Flandre (1006). En échange de quoi il obtient le soutien du roi dans ses propres guerres contre Foulque Nerra, comte d’Anjou ou Eudes de Blois, contre lesquels il n'hésite pas à employer encore des mercenaires vikings. Le Maine et la Bretagne sont des régions frontalières dont Richard II ne peut se désintéresser. Là encore, le mariage est un des instruments de la diplomatie. Richard II épouse Judith, soeur du comte de Rennes, Geoffroy, lequel épouse Havoise, soeur de Richard. Judith sera la première princesse chrétienne, épouse légitime d'un duc de Normandie, à lui donner un successeur en dehors des pratiques du concubinage "à la manière des Danois".

    Par ailleurs Richard II fait de son duché une des principautés les plus stables et les plus riches du royaume. Il est le premier à troquer le titre de comte de Rouen, pour celui de duc. Richard réutilise en grande partie les rouages de l’administration carolingienne et poursuit la réforme de l’Eglise, pilier du pouvoir ducal. En 1001 déjà, il faisait appel au réformateur italien Guillaume de Volpiano pour restaurer l’abbaye de Fécamp où les ducs ont leur palais et ont élu sépulture.


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