• Le roi Jean sans Terre à la chasse.
    A la mort d'Henri II Plantagenêt, Richard Cœur de Lion est couronné duc de Normandie à Rouen le 20 juillet 1189, et roi d'Angleterre à Londres le 3 septembre. La puissance de l'Etat Plantagenêt semble reconstituée à son profit, et de fait, elle résiste à ses longues absences pendant l'épisode des Croisades et de sa captivité (1190-1194).

    Pendant une quinzaine d'années, le roi de France, Philippe Auguste va s'employer à démanteler l'ensemble féodal organisé par Henri II, en concentrant ses efforts sur la Normandie. La mort accidentelle de Richard en 1199 le débarrasse d'un adversaire redoutable et il sait profiter des erreurs de Jean sans Terre.

    Mais c'est aussi par la place éminente que lui confère le droit féodal que le roi Philippe Auguste peut s'imposer dans les fiefs continentaux du roi d'Angleterre.

    La période de l'expansion normande s'achève en 1204 par la victoire française et le rattachement de la principauté au domaine du roi de France. Les familles normandes qui avaient contribué à construire sur les deux rives de la Manche, les institutions, l'art et la civilisation anglo-normandes doivent se partager entre le royaume de France et le royaume d'Angleterre dont la confrontation est loin d'être achevée.


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  • La captivité de Richard (à gauche) et sa blessure mortelle au siège de Châlus
    Richard quitta Marseille pour la Terre Sainte en août 1189, faisant escale à Messine en Sicile. Sa soeur Jeanne avait épousé le roi, maintenant défunt, Guillaume II de Sicile, et Richard voulait récupérer sa dot et son héritage. Richard dût insister dans ses revendications auprès du nouveau roi Tancrède et occupa Messine en octobre 1190 avant qu'un traité puisse être signé. Richard signa aussi un traité avec son compagnon de croisade, le roi de France Philippe Auguste, qui comprenait, entre autres, la résiliation d'un contrat de mariage avec la sœur de ce dernier, Alice, laissant Richard libre d'épouser la princesse Berengère de Navarre.

    Richard quitta la Sicile en avril 1190 et débarqua à Chypre qu'il conquit avant d'épouser Berengère dans la cathédrale de Limassol. Richard et ses troupes arrivèrent en Terre Sainte en juin et se joignirent au siège d'Acre qui capitula en juillet. Philippe Auguste délaissa ensuite la croisade, ce qui fit de Richard son chef incontesté. Cependant, malgré la défaite du sultan turc Saladin en septembre 1191, Richard ne parvint pas à prendre Jérusalem.

    En avril 1192, Richard apprit que son frère Jean conspirait contre lui et avait exilé d'Angleterre son représentant Guillaume Longchamp. Richard négocia un accord avec Saladin pour maintenir un royaume latin indépendant limité à une bande côtière, puis s'embarqua en octobre 1192.

    Ayant appris que le roi de France se préparait à lui tendre une embuscade, Richard ne rentra pas par Marseille mais longea la côte de l'Adriatique, espérant continuer sa route par voie terrestre. Il fit naufrage au large de Venise, mais parvint à Vienne où le duc d'Autriche Léopold, que Richard avait insulté au siège d'Acre, le fit prisonnier. Léopold livra Richard à Henry VI, empereur d'Allemagne, en février 1193 contre paiement anticipé d'une part de la rançon.

    Richard fut libéré en février 1194 à Mayence contre paiement d'une rançon de 150 000 marcs d'argent (100 000 livres) que l'empereur utilisa pour conquérir la Sicile et mettre fin au gouvernement normand sur l'île.

    Richard retourna en Angleterre en mars 1194 pour une brève période pendant laquelle il étouffa la conspiration de Jean sans Terre. Couronné de nouveau à Winchester, Richard nomma Hubert Walter, archevêque de Cantorbéry, pour remplacer Guillaume Longchamp et en faire son représentant en son absence. Puis Richard s'embarqua pour défendre ses terres normandes contre le roi de France.


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  • Forteresse de Château-Gaillard, érigée par Richard Cœur de Lion

    La mort de Henri II Plantagenêt a laissé face à face Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste. Le roi d'Angleterre a repris de son père le contrôle direct des principaux fiefs de "l'Etat Plantagenêt". Il est notamment duc de Normandie où la guerre ne va pas tarder à reprendre avec le roi de France.

    Après l'épisode de la croisade des deux rois (1190-1191) Philippe Auguste a su profiter de la captivité de Richard (1192-1194) et des ambitions de Jean sans Terre. Le frère de Richard a cherché à s'emparer de la Normandie et, devant le refus des barons normands, Jean est venu demander  l'appui de Philippe Auguste lui abandonnant formellement une grande partie de la Normandie orientale et les châteaux du Vexin.

    Dès son retour de captivité Richard a repris pied en Normandie. Jean se soumet à son frère et la Normandie entre dans une période de presque cinq années de guerre de sièges et de chevauchées marquées par d'humiliantes défaites de Philippe Auguste (Fréteval, 1195, Courcelles, 1198).

    Richard bénéficie de la fidélité de la plupart des barons normands et réussit à contenir le roi de France hors de son duché. Il entreprend alors d'en fermer l'accès sur la frontière la plus souvent contestée, en Vexin, par la construction de l'énorme forteresse de Château Gaillard inspirée de son expérience de la guerre de siège en Terre Sainte.

    L'achèvement de Château-Gaillard (1197-1198), et la victoire de Courcelles, mettent Richard en position d'obtenir de Philippe Auguste une trêve de cinq ans. Mais Richard ne pourra profiter de son avantage. Il trouve la mort à Châlus en Limousin en assiégeant le château d'un vassal rebelle, le 6 avril 1199.


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  • La mort de Richard précède de quelques années la dislocation de l'espace anglo-normand sous les coups portés par le roi de France.

    Philippe Auguste reprend contre Jean sans Terre la tactique utiisée contre Henri II Plantagenêt. En tant que roi de France, Philippe peut juger les conflits qui opposent le roi d'Angleterre à ses vassaux de France et recueillir directement l'hommage de ceux qui contestent l'autorité de Jean.

    Philippe soutient d'abord les prétentions d'Arthur de Bretagne, neveu de Jean, qui pouvait revendiquer le droit d'aînesse de son père. Arthur est le fils de Geoffroi, placé devant Jean dans l'ordre de succession, mais mort en 1186. La guerre reprend, notamment en Normandie, mais Jean réussit à garder l'avantage.

    Le dénouement trouve son prétexte hors de Normandie. Jean a ravi l'héritière, et l'héritage, du comté d'Angoulème, promise aux Lusignan. Les vassaux défiés par leur seigneur font appel à l'arbitrage suprême du roi de France. Philippe convoque Jean devant sa cour, et, en son absence, le condamne et prononce la confiscation des fiefs que le roi d'Angleterre tient de lui dans le royaume de France.

    Les barons qui avaient été fidèles à Richard désertent la cour de Jean et se rallient au roi de France. Celui-ci rassemble les forces nécessaires pour mettre le siège devant la forteresse de Château-Gaillard en septembre 1203. En mai 1204, la place forte tombe et après elle toute la Normandie. En juin 1204 Rouen se rend au roi de France.

    La victoire définitive du roi de France sera confirmée en 1214 à Bouvines où il écrase la coalition alliée au roi d'Angleterre. Jean est lui même vaincu la même année à la Roche-aux-Moines.


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