• Napoleon a Alencon

    Napoleon a Alencon
    Sur la longue route qui amène Napoléon 1er à Alençon.(Gravure de Knôtel).
     
    La venue de l'empereur il y a deux siècles jour pour jour fut un véritable casse-tête pour les élus. Spécialiste de l'Orne sous le 1er empire, Gilbert Thil, raconte le voyage en détail.

     

    En 1811, Napoléon 1er, empereur des Français, est un homme comblé. Il est à son apogée et son fils, le roi de Rome, vient de naître (le 20 mars 1811). Le 22 mai, à 5 h du matin, Napoléon et son épouse Marie-Louise, quittent Rambouillet pour un voyage en Basse-Normandie (jusqu'à Cherbourg). Un cortège inouï les accompagne : 50 voitures attelées de 250 chevaux de poste, 6 brigades de chevaux de selle, 6 berlines de ville, 17 bidets pour les piqueurs, 3 calèches, 150 grenadiers, 230 dragons et chasseurs à cheval plus 15 gendarmes d'élite.

    Après un périple normand de 9 jours, sur leur chemin du retour, ils quittent Saint-Lô le matin du 31 mai. Objectif : être, comme prévu, à Alençon en soirée. Napoléon et son aréopage traversent Argentan, puis Sées à 18 h. Entouré de son clergé, l'évêque de Boischollet les attend sur le parvis de la cathédrale. Mais le cortège ne s'arrête pas. Napoléon est en colère et passe son chemin. Les explications viendront le lendemain.

    Le vin favori de l'empereur : du chambertin !

    Le 31 mai, à 19 h, l'empereur et Marie-Louise sont aux portes d'Alençon. Le conseil municipal et tous les corps constitués l'y attendent, précédés de gardes d'honneur. Les discours se succèdent. « Les clés de la ville (267,25 F) sont offertes à l'empereur par le maire, Jacques Mercier, commente Gilbert Thil. Puis Napoléon traverse la ville en liesse, au son des cloches. Les rues ont été sablées. Sur les conseils du maire, les citadins ont décoré les façades des maisons avec des fleurs et de multiples guirlandes de verdure. La calèche de Napoléon fait son entrée dans la cour de la préfecture en soirée. »

    Très rapidement, Napoléon s'isole avec le préfet Lamagdelaine pour une réunion de travail concernant les affaires d'État. Jusqu'à 20 h 30, l'empereur impose une autre réunion au comte Roederer, sénateur. Ce dernier lui indique les graves problèmes d'indigence (les récoltes de 1810 ont été mauvaises) et la situation critique de l'industrie du Point d'Alençon.

    L'empereur mange peu. Il se contentera d'un repas frugal, tout en appréciant son vin préféré : le chambertin. Le voyage a été long, Napoléon et son épouse se couchent tôt. Le préfet a dû quitter l'hôtel de Guise pour laisser sa place à ses illustres visiteurs. Restent à leurs côtés, à la préfecture : le duc de Frioul, le comte de Lobay, aide de camp de l'empereur, la duchesse de Montebellon le baron Meneval. Des membres du service de l'impératrice résident à proximité de la préfecture : le prince Aldobrandini et son épouse, le comte de Beauharnais. Les autres personnalités logent chez les notables de la ville, à la demande des services de la ville.

     


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