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Histoire des mondes normands

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JULIEN CLARCHIES, affranchie

JULIEN CLARCHIES,  affranchi,  âge approximatif qui le fait naître vers 1769 / 1704

, son état d’esclave, ses talents

exceptionnels de violoniste, participant à l’orchestre de la Comédie du Cap, et l’indication.

Son premier propriétaire est en fait Louis Frédéric PICHON PRÉMESLÉ de TRÉMONDRIE,

qui possédait un mulâtre, Aza, et un nègre nommé Favory originaire du Mozambique qu’il laissait à Bordeaux en apprentissage chez un perruquier. Disons au passage qu’Aza était peut-être lui aussi originaire du Mozambique s’il se confond avec « François Tranquille Petit dit Aza, mulâtre du Mozambique » qui, libre en novembre 1775, s’engageait comme cuisinier sur un bateau pour la Guinée

que c’est un griffe, donc métis de noir et de mulâtre, mention que nous retrouverons

régulièrement précisée en ce qui le concerne jusqu’à son affranchissement.

**

CLARCHIES Louis Julien (1769-1815)Musicien français fin XVIII/début XIX

Né le 23/12/1769 à Curaçao (Ile hollandaise)

Décédé le 25/12/1815 à Paris âgé de 46 ans

 

Esclave de St Dominique mais déjà violoniste

Julien (comme on l’appelle) arrive à St Domingue, comme esclave griffe (métis noir et mulâtre).

Il montre un grand talent de violoniste et joie dans l’orchestre de la « Comédie du Cap »

Lors de ses séjours en France, il a pris des leçons de violon avec Henri Capron et de composition avec Giuseppe Cambini et Rouff.

Entre 1781 et 1783 les affiches de St Domingue mentionnent le programme et les interprètes dont le jeune Julien.

Il a eu plusieurs maîtres successifs dont un capitaine de navire, franc-maçon : Louis Frédéric Pichon Prémeslé de Trémondrie. Julien l’accompagne sur les les bâteaux et se rend plusieurs fois en France à Bordeaux. Il est racheté par Paul Jean François Lemercier de la Rivière, habitant et propriétaire de Saint Domingue.

Affranchi en 1775.

Lemercier se rend en France accompagné de Julien  et sur le même navire se trouve un certain Paul Belin de Villeneuve qui est ou devient l’ami de Lemercier. Belon a sans doute racheté Julien puisqu’en 1775 il va l’affranchir avant de repartir pour l’Amérique. C’est un acte passé devant le notaire Bontemps mentionnant qu’il « accorde la liberté audit Julien, griffe, créole de Curaçao, sans étampe (marque au fer des initiales du maître), joueur de violon » et en « témoignage de satisfaction de ses services, de ses talents et bonne conduite ».

 

Musicien des bals et salons privés sous le Consulat et l’Empire.

Julien va gagner sa vie à Paris comme musicien dans les orchestres de bals donnés dans le salons. Certains témoignages de Mme Récamier ou de la comtesse de Boigne font état « d’un orchestre admirablement conduit par un violoniste mulâtre » en parlant de Julien « c’est une fureur d’avoir ce chef d’orchestre ; on se l’arrache à prix d’or ».

Il sera par la suite, choisi par Napoléon 1er pour être le violoniste et chef d’orchestre des bals de la cour impériale.

 

En 1791, il bénéficie d’une rente viagère

Le 9 mai 1791 par acte sous seing privé à Paris, Paul Lemercier lui attribue une rente viagère de 4000£, à verser tous les 6 mois à partir du 1er janvier 1791.

A l’abri du besoin, Julien va mener sa vie de musicien et va se faire appeler Louis Julien CLARCHIES.

Sa carte d’identité indique son domicile 843 rue du Bac à Paris ; son âge 26 ans.

Mais Paul Lemercier âgé de 40 ans, meurt le 8/7/1791 à Boulogne chez son ami Belin. Julien assiste à l’inhumation en tant que « Louis Julien bourgeois à Paris. »

Vie privée

Julien fait plusieurs voyages entre St Domingue et la France.

Il se marie en 1790 à St Domingue avec Elisabeth Soudan originaire de la Martinique. Ils eurent 3 enfants : Marie-Amandine, Héloïse, Isidore. Mais il avait aussi un ménage illégitime car il a eu 2 filles avec Louise Ursule Magalon : Marie-Gabrielle et Jeanne.

Il est cependant déclaré « célibataire » par les 2 témoins de sa mort qui sont également mulâtres et libres.

 https://www.cairn.info/revue-francaise-d-histoire-des-idees-politiques1-2004-2-page-37.htm

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