Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Histoire des mondes normands

Publicité

Vingt-hanaps Note sur le nom de Vingt-Hanaps

Vingt-hanaps

Note sur le nom de Vingt-Hanaps

 

C’est à un essai d’interprétation fantaisiste, qui remonte d’ailleurs fort loin, puisque, comme on va le voir, il est déjà attesté dans la première moitié du xive siècle, que le nom de la commune de Vingt-Hanaps (canton d’Alençon-Est) doit sa graphie pittoresque, mais tout à fait injustifiée.

Les plus anciennes mentions de la localité présentent en effet les formes suivantes qui contredisent formellement cette interprétation :

Vishenas (1). 1108 : Donation à l’abbaye de Saint-Martin de Sées de droits sur l’église de ladite paroisse. (Cartul. Saint-Martin de Sées [«Livre blanc »], ms. du xiv6 s. (2) : cop. [partielle] 1747, Bibl. munie. Alençon, ms. 190, n° 133, fol. 58 r° ; cop. 1862 env., Arch. Orne, H 938, n° 112) ;

Vianass (3). [1202-1220) : notification par Silvestre, évêque de Sées, d’un accord relatif à la cure de Boitron (Orig., Arch. Orne, H 3619).

(I) Et non «Vinhenas », comme l’a écrit Louis Duval — par une erreur d’autant plus surprenante qu’il est l’auteur de la copie de 1862 env. — dans son Essai sur la topographie ancienne du département de l'Orne suivi du Tableau de l’Organisation religieuse de son Territoire avant la Révolution. Alençon, 1882, in-8°, p. 22, et son Rapport sur l’orthographe des noms de communes du département de l’Orne, Alençon, 1903, in-4°, p. 39. En réalité, la forme qu’il cite ne figure que dans le titre «De ecclesia de Yinhenas et decima », qui précède l’acte dans sa copie du cartulaire (par contre, celle de 1747 porte, comme le texte lui-même, Vishenas) et qui ne date manifestement que de la confection dudit cartulaire.

(2) L’original de ce cartulaire, si précieux pour l’histoire de toute la région entre la fin du XIe siècle et le début du XIIe, et qui, il y a une cinquantaine d’années, était encore yà l’évêché de Sées, a depuis longtemps disparu et toutes les recherches entreprises pour le retrouver ont été jusqu’ici infructueuses.

(3) Et non «Vianas », comme le porte, à tort, Louis Duval. Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790. Orne. Archives ecclésiastiques. Série H, t. III, Alençon, 1899, in-4°, p. 60.

JEAN ADIG ARD DES GAUTRIES

Mais, dès le xrve siècle, le nom apparaît interprété en latin par :

Viginticiphi. [Vers 1335J : Ier pouillé du diocèse de Sées. (Auguste Longnon, Fouillés de la province de Rouen. Recueil des Historiens de France. Pouillés. Paris, 1903, in-4°, p. 225 G) ;

Viginticiphi. 1373 : Compte de procurations. (D°, p. 207 B.). Cette «traduction » pseudo-savante se rencontre dans la suite, jusqu’à la veille de la Révolution, dans des documents ecclésias¬ tiques (4), tandis que le nom présente désormais, en français, la forme correspondante Vingthanaps, Vingt-Hanaps (5), avec quel¬ ques variantes (dont certaines ne sont sans doute à considérer que comme de simples fautes d’orthographe et ne valent pas, pour cette raison, d’être relevées) (6), et c’est cette dernière graphie qui, adoptée dans le Tableau de la formation du dépar¬ tement en 1790 (7), est restée officiellement en usage depuis lors.

Il convient d’ajouter que la prononciation locale traditionnelle est «Vin-hanâ » ; toutefois, sous l’influence de l’orthographe officielle et surtout de la présence d une gare de la S. N. G. F., dont le personnel, souvent étranger à la contrée, en ignorait les usages, on entend très souvent dire aujourd’hui u Vintanappss », ce qui constitue, à tous égards, un pur barbarisme.Vingt-hanaps

L’interprétation, par «Vingt-Hanaps » étant manifestement

(4) Viginticiphi, [xve s.] (Longnon, op. cit., p. 238 M) ; — «de viginti ciphis », 1452, 1522, 1559, 1565 (Arch. Orne, G. 868 [cote provisoire]) ; — «de viginti cyphis », 1672 (d°) ; — «Viginti Scyphi. Vingthanaps », 1763 (Jacques Savary, Pouillé de l’Ancien Diocèse de Sées, éd. Soc. Hist. Orne, Alençon, in-8°, t. II, 1908, p. 68 ; — «de Vigenti Scyphis (vulgo vin hanaps ) », 1780 (Arch. Orne, G 868 [cote provis.]).

(5) Vingthanaps , 1545 (Arch. Orne, H 4024), 1639 (Arch. Orne, G 868 [cote provis.]), 1716 (Carte de Normandie, par G. Delisle), 1763 (voir ci-des¬ sus, n. 1) ; — Vingt-Hanaps, 1702 (Arch. Orne, G 868 [cote provis.]) ; «20. Hanaps », 1719 (Le Gouvernement Général de Normandie, carte par B. Jail-lot) ; — vingt hanaps , 1722 (Arch. Orne, G 868 [cote provis.]) ; — Vingt¬ hanaps, [vers 1770] (carte de Cassini) ; — Vingt hanaps, 1775 (Arch. Orne, H 954) ; — etc.

(6) Vinhanaps, 1475 (cop. collât. 1634, Arch. Orne, H 4871), 1720 (Arch. Orne, G 868 [cote provis.], 1779 Arch. Orne, H 954), 1780 (voir ci-dessus, n. 1) ; — Vinhannaps, 1776, 1677, 1778 (Arch. Orne, H 954) ; — vingt hanas, 1707 (Arch. Orne, G 868 [cote provis.]) ; — Vingthanas, 1775 (Arch. Orne, H 1040) ; — etc.

(7) L. Duval, Rapport, loc. cit.

NOTE SUR LE NOM DE VINGT-HANAPS

erronée, l’hypothèse a été récemment émise par le Colonel J. Tourangin (8) que le premier élément du nom pourrait être le latin vinea, «vigne », mais les plus anciennes références s’op¬ posent absolument à cette solution et, de toutes façons, la finale reste obscure (9).

En réalité, les plus anciennes références dénotent une pro¬ nonciation «Vï-henass » ou «Vï-anass », qui ne s’explique ni par le germanique, ni par le latin. Dans ces conditions, on peut penser à une origine gauloise et le problème pourrait bien, en fin de compte, être du ressort des celtisants, à moins naturelle¬ ment que le nom ne remonte plus loin encore.

Jean Adigard des Gautries.

Alençon.

(8) Bull, trim. Soc. Hist. Orne , n» 18, 1951, p. 23.

 

(9) Bull. trim. Soc. Hist. Orne, n° 20, 1952, p. 4-5.

 

Histoire

En 1820, Vingt-Hanaps (313 habitants en 1821) absorbe Feugerets (198 habitants), à l'ouest de son territoire.

 

Le premier janvier 2016, elle fusionne avec Forges et Radon pour former la commune nouvelle d'Écouves. De janvier 2016 à décembre 2016, elle a le statut de commune déléguée.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Vishenas en 1108, Vianass en 1202 et 1220, et Viginticiphi vers 1335. (ci-dessus)

L'étymologie est obscure, ces graphies dissuadant d'une origine liée à vingt et à hanap. Charles Rostaing propose l'hypothèse d'un composé gaulois de vidu-, « bois », et ana-, « marais ».

Vingt-hanapsVingt-hanaps

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article