Histoire des mondes normands
Alencon (61) perseigne
Les implantations industrielles des Trente Glorieuses entraînent un appel de main d'œuvre occasionnant une augmentation de la population en constante croissance depuis 1946, date à laquelle 16 691 habitants sont recensés contre 27 024 en 1962. On prévoit alors 80 000 habitants pour la fin du siècle, ce qui incite la municipalité à mettre en œuvre une politique du logement. Après une extension partiellement spontanée à l'est de la ville, à Courteille notamment, on s'oriente vers une urbanisation contrôlée. Ainsi est engagée l'opération de la zone à urbaniser en priorité (ZUP) prévue pour loger les travailleurs de Moulinex.
C'est un arrêté du ministère de la Construction du 22 novembre 1960 qui délimite le périmètre de la ZUP située au sud de la ville. Insérée à l'intérieur d'un triangle formé par la route nationale 138 qui mène au Mans, l'avenue Rhin-et-Danube prolongée par la route d'Ancinnes et les limites communales d'Arçonnay et de Saint Paterne, elle est implantée sur l'ancien champ de manœuvres et sur un vaste espace autrefois dénommé "La Plaine". C'est dans celle-ci, au cours de la guerre de 1870-1871, que de violents combats se déroulèrent entre les Prussiens et les Francs-tireurs de Paris, le 15 janvier 1871, au cours desquels fut tué le capitaine Duchamp, dont un boulevard de la ville porte le nom. Par la suite, de nombreux jardins occupèrent cet espace.
Les travaux d'aménagement commencent en 1963. L'année suivante, les artères principales sont tracées et en juillet 1965, l'immeuble Flaubert et la résidence Lamartine sortent de terre. Le 29 mars 1966, le conseil municipal donne un nom aux rues de la ZUP qui devient le quartier de Perseigne en référence à la forêt de ce nom située à neuf kilomètres. En mai suivant, les premiers logements sont occupés. Doté d'équipements scolaires, sportifs, commerciaux, etc., le quartier de Perseigne, de quatre-vingts hectares, regroupe aujourd'hui deux mille logements habités par six mille personnes environ.
**
1949. Sur cette photographie de l'Institut Géographique National, la pression urbaine n'est pas encore perceptible.
En 1957, la crise du logement pousse à la construction de lottissements et de logements d'urgence. On voit pousser les maisons de la nouvelle rue Landon. Le lotissement chemin de Haut-Eclair s'étoffe rapidement. La rue Letacq et les rues Buffon et Cuvier sont tracées et les premiers bâtiments construits. Ils sont suivis de près par la première école du secteur.
**
Les limites de la Zone à Urbaniser en Priorité (ZUP) sont arrêtées le 22 novembre 1960 par le ministre de la Construction. En 1962, on voit les premiers terrassements. On lit très bien l'axe est-ouest (future avenue Kennedy - place de la Paix - avenue Churchill). Au nord, le quadrillage des rues prend forme. La rue Jean II n'a pas encore son débouché sur l'avenue Rhin-et-Danube.
**
Sur cette vue de 1963, on peut distinguer quelques engins de terrassement.
**
1964.
La place de la Paix et son centre commercial, la place Descartes, l'ouverture de la rue Jean II... On voit aussi la butte où l'école Jules Verne va prendre place.
**
1966.
Au sud, le chantier de Marguerite de Navarre est bien avancé. Les barres de l'avenue Kennedy sont sorties de terre, ainsi que la place Descartes. Les trois tours rue Paul Claudel montent à des rythmes différents. Les fondations de la tour Pascal sont en cours. Rue Jean II, rue Michelet et rue Anatole France, on voit les barres en voie d'achévement
**
1967 Perseigne.
Les résidences Lamartine sont terminées et vendues. On termine le Grand Lamartine. On voit de nombreuses voitures sur les parkings. Le parking souterrain Pascal est achevé. La tour Verlaine se peuple. Ici et là des baraquements pour les constructeurs. Déjà, l'antique chemin de Saint-Gilles commence à disparaître.
1969.
Les aires de jeux pour enfants sont aménagées un peu partout. Les écoles Jules Verne et de Notre-Dame de l'Assomption sont construites mais pas encore Molière et La Fontaine. Les esplanades et les pelouses prennent forme. Les polygones du centre commercial sont bien visibles place de la Paix. La tour Pascal commence à projeter son ombre.
Sources Les Amis du Vieil Alençon.
Extrait de Alençon de A à Z (Alain Champion, Éditions Alan Sutton, 2008).