• Richard I (942-996)

    Richard Ier
    Statue commémorant le fondateur de l'abbaye, par Devaux, 1881.
    Façade de l'église abbatiale de Fécamp

     

     

     

     

    La mort de Guillaume Longue-Epée met la principauté des comtes de Rouen en péril. Le fils de Guillaume, Richard, est mineur. Les ambitions concurrentes du roi carolingien Louis IV et du duc des Francs, Hugues le Grand, s’exercent sur la Normandie tandis que des soulèvements se produisent sous l’effet de l’arrivée récente de nouveaux colons scandinaves.

    Entre 945 et 947, le jeune Richard Ier réussit à reprendre le contrôle des états de son père. Il s’allie de façon préférentielle avec le duc Hugues. En 960 cette alliance est renforcée par le mariage de Richard et d’Emma, fille de Hugues. Aussi, en 987, le comte de Rouen soutient-il le changement dynastique qui voit son beau-frère, Hugues Capet accéder au trône de France.

    Si le petit-fils du viking Rollon est devenu un soutien de la couronne, il n'a guère à se soucier de sa tutelle. Il s’emploie plutôt à contenir les pressions exercées sur ses frontières par ses puissants voisins, les comtes de Blois et Tours, et les comtes d’Anjou. Il sait profiter des conflits entre les prétendants à la domination du duché de Bretagne. Mais il recrute toujours des bandes de mercenaires vikings et doit même en 991 signer à Rouen un accord avec le roi Ethelred l'engageant à ne plus leur offrir de bases arrières contre l'Angleterre.

    Enfin Richard s’emploie à réorganiser le duché sous son autorité. Il s’appuie sur sa famille issue de mariages chrétiens ou de concubinages reconnus par le droit scandinave. Il est lui même fils d’une concubine bretonne, Sprota, et ses principaux héritiers sont nés de la danoise Gonnor et non de son épouse chrétienne Emma. Cette descendance nombreuse forme une nouvelle aristocratie, les Richardides, auxquels sont confiés les postes clefs.

    Malgré ses contradictions avec les règles de vie du prince chrétien et le fait qu'il n'ait pas hésité à confier l'archevêché de Rouen à son frère cadet Robert, Richard s'appuie lui aussi sur l’Eglise. Il restaure les abbayes de Saint-Wandrille (960) et de Fécamp (990), installe une communauté monastique au Mont-Saint-Michel (966) et à la fin de son règne s'efforce de rétablir la hiérarchie ecclésiastique à Lisieux, Sées, Avranches (989-990). L’évêché de Coutances, déserté depuis les invasions vikings, est à nouveau pourvu, mais l’évêque réside à Rouen. Le Cotentin échappe encore partiellement à la paix ducale et à l'œuvre de re-christianisation.


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