• C'était un genre de punition en usage chez les Romains. Quand une légion s'était révoltée, qu'elle avait fui lâchement, avait perdu ses enseignes, ou avait consenti un traité honteux, comme il n'était pas possible de faire mourir tous les coupables, on les décimait par le sort. On écrivait leurs noms sur de petites tablettes qu'on mettait dans un casque, ou dans une urne; celui de qui le nom était tiré le dixième était mis à mort et ainsi de suite de dix en dix. La décimation a été pratiquée en France dans plusieurs cas, entre autres sur la garnison de Trêves en 1675, elle avait capitulé et rendu la place contre les ordres du maréchal de Créqui qui la commandait.

     - Défloration

    Le respect que les anciens avaient pour les vierges ne permettait pas qu'on les envoyât au supplice sans qu'elles eussent été déflorées. C'est par cette raison, que suivant le témoignage de Tacite, le bourreau viola dans la prison la fille de Séjan avant de la faire mourir. Voltaire dit a ce sujet, dans son Dictionnaire philosophique, que ce n'est pas parce qu'une fille était vierge qu'on ne pouvait pas la punir mais que la loi portait qu'on ne punirait pas de mort les enfants. La fille de Séjan était enfant, elle fut suppliciée. Contre les lois, le bourreau qui commit les deux crimes abominables, de déflorer une fille de huit ans et de l'étrangler ensuite méritait d'être un des favoris de Tibère.

    - Enterrer vif

    Une chronique de Louis XI nous apprend qu'en 1460 la nommée Perrette Maugé fut condamnée à ce genre de supplice par un arrêt confirmatif d'une sentence rendue contre elle par le prévôt de Paris pour avoir commis plusieurs larcins et recels. Lors de la prononciation de son arrêt, elle déclara qu'elle était grosse on la fit visiter par ventrières et matrones, et sur le rapport de ces femmes que c'était une fausse allégation. elle fut enterrée toute vive devant le gibet de Paris qu'on appelait le gibet de Montigny.

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    (Sources : Les annales du crime, dictionnaire de la pénalité dans toutes les parties du monde connu, Voltaire, Brantôme, usages et coutumes (Demeunier), moeurs et coutumes des peuples, Musée des Supplices, Jurisprudence: A-Bayonne).


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    decapitation

     

    Ce supplice parait être naturalisé en Orient plutôt que partout ailleurs. En Chine et au Japon il est usité de temps immémorial mais on l'inflige seulement au peuple, on présume bien, que par cela seul, il est ignominieux. A la Chine, surtout la décapitation, passe pour le plus infâme de tous les supplices parce que la tête qui est la partie principale de l'homme est séparée du tronc et que le criminel ne conserve point en mourant son corps tel qu'il la reçue de la nature. La décapitation a toujours été en usage dans la Perse. Les Romains l'exécutaient de deux manières, par la hache selon l'ancien usage, more majorum, comme périrent les fils de Brutus; c'était l'ouvrage des licteurs; il n'avait rien de déshonorant, celle par l'épée, comme mourut dit-on l'apôtre des Gentils, c'était le bourreau qui l'infligeait ,il était infamant.

    Les Romains paraissent être les premiers qui se soient servis de la hache pour couper la tête. Il faut pour endurer ce supplice que le patient soit couché, mais on sait que les licteurs frappaient de verges le criminel jusqu'à ce qu'il tombât à terre de faiblesse, c'était alors qu'ils se servaient de leur hache. Cette arme est en effet très propre à diviser les parties du corps mise au bout d'un bâton qui lui sert de levier, elle acquiert une force considérable. Cette force est ramassée dans un point donné et frappe également. Le sabre, au contraire, n'offre pas le même avantage; il ne tient rien de la mécanique, sa lame coupe sur tous les points de sa surface, mais avec une différence sensible pour l'amputation. C'est au milieu juste de la lame, entre le fort et le faible, que se trouve son jeu. Dirigé cependant par une main sûre il tranche rapidement. Muley, roi de Tunis, en montant à cheval abattait d'un seul coup la tête de son écuyer.

    Les nègres de la côte d'Afrique savent aussi manier le sabre avec beaucoup d'habileté et ils abattent une tête d'un seul coup.

    Les Mandrucins, qui donnent leur nom à une province du Brésil, sont les naturels du pays les plus redoutés. Les autres tribus les appellent Paikice, c'est-à-dire coupe-tête, parce que ces indigènes sont dans l'usage de décapiter les prisonniers qui tombent en leur pouvoir et d'embaumer leurs têtes de manière qu'elles se conservent pendant de longues années, comme si on venait de les couper depuis peu d'instants. Ils décorent leurs cabanes de ces horribles trophées et celui, qui en possède jusqu'à dix, peut être élu chef de tribu. La hache était une arme guerrière.

    Les Romains s'en servaient dans les combats mais moins habilement que les Daces, les Sarmates, les Marcomans les Bons, et les Goths. C'était la francisque des Gaulois, leur adresse était extrême. Néanmoins ils décapitaient moins qu'ils ne fendaient. On sait que Clovis fendit la tête d'un soldat qui lui avait refusé un vase précieux. La décapitation était usitée dans les Gaules, elle se faisait tantôt avec la hache, tantôt avec l' épée.

    En France, ce supplice fut toujours rare parce qu'il était réservé aux nobles. Richelieu fit tomber plus de têtes par le tranchant du glaive qu'on n'en avait abattu depuis l'origine de la monarchie. Le bourreau s'exerça assez longtemps pour y acquérir de l'habileté, cette habileté est purement individuelle et le fruit de l'habitude. On vit au supplice des malheureux de Thou et Cinq Mars un exemple effrayant de maladresse. Cinq Mars fut décapité le premier et d'un seul coup de hache. De Thou, monté sur l'échafaud, avoua qu'il avait peur de la mort et que le corps de son ami étendu à terre le troublait, il demanda un mouchoir, on lui en jeta un, l'exécuteur lui banda les yeux. De Thou le pria de ne pas le manquer, mais le premier coup porta à faux, le bourreau troublé ne put le décapiter qu'au onzième. Il arriva un événement à peu près semblable au commencement du règne de Louis XIV à l'exécution de madame Tiquet.

    En Angleterre, les exécutions sont plus promptes et plus sûres; on y décapite avec la hache. Le patient, couché de toute sa longueur, pose sa tête sur un billot qui n'a que,six pouces de hauteur. Il est bien bas dit Charles 1er - C'est l usage répondit le bourreau. On décapitait en Italie, et ce supplice est encore aujourd'hui en usage en Allemagne. Les exécuteurs y sont d'une grande prestesse? Ils se servent d'un damas.

    En France on se sert aujourd'hui pour la décapitation d'un instrument dont on retrouve une image imparfaite en Perse et dans la Grande Bretagne, la guillotine.


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  • Coffre

    Au Japon deux jeunes filles furent enfermées jusqu'à la mort dans un coffre hérissé de pointes de fer; l'une pour avoir eu quelque intrigue de galanterie, l'autre pour ne l'avoir pas révélé. Le roi de Maroc Mouley Ismaêl, qui exerçait d'épouvantables cruautés contre ses femmes, leur faisait quelquefois placer la gorge sur le bord d'un coffre ouvert dont par son ordre deux eunuques faisaient retomber le couvercle avec violence.

    - Congrès

    Servait à vérifier la virilité de monsieur ! Presque toujours, il perdait son procès ce qui faisait dire à Boileau : Jamais la biche en rut n'a pour fait d'impuissance Traîné du fond des bois un cerf à l'audience Et jamais juge entre eux ordonnant le congrès De ce burlesque mot n'a sali ses arrêts. Un mari fut condamné à se séparer de sa femme comme coupable d'impuissance et condamné pour avoir fait un enfant à sa servante. Enfin cette révoltante épreuve fut bannie des tribunaux le 18 février 1667, elle fut abolie par un arrêt du parlement sur le plaidoyer du président de Lamoignon alors avocat général.

     - Corps allumé

    Sefi II schah de Perse qui prit le nom de Soliman était souvent ivre et dans son ivresse il se livrait à des cruautés inouïes. Il paraît que son naturel sanguinaire s'était annoncé bien avant qu'il commençât à s'adonner à l'ivrognerie. Au commencement de son règne, il avait par un singulier caprice, ordonné qu'une de ses favorites, qu'il avait beaucoup aimée jusqu'à ce moment, fût mariée sur le champ à quelqu'homme vil et de la lie du peuple. Le premier qu'on rencontra était le fils d'un blanchisseur de la cour. Le mariage se fit selon l'usage sans se voir. L'ancienne favorite trouva ce jeune homme à sa convenance et ils vécurent très bien ensemble. Le père du nouveau marié étant venu à mourir, celui-ci demanda l'office de son père. Le schah le fit venir et lui dit : Lorsque tu épousas, par mon ordre, cette belle fille quelle fête fis-tu en réjouissance ? 0 puissant prince, répondit-il, je suis un pauvre homme; je n'eus pas le moyen de faire une illumination. Quoi! dit le schah, ce chien ne fit point d'illumination à une si grande fortune ! Qu'on fasse illumination de son corps. On étendit ce malheureux, sur une planche, couché sur le dos et on l'y attacha, on lui fit, dans les chairs, des trous sans nombre à mettre le petit doigt avec une pointe de poignard; on les remplit d'huile, on plaça une petite mèche au milieu, on les alluma toutes à la fois et l'infortuné expira au milieu des plus horribles tourments.

     - Côte percée

    Chez les Romains, comme chez les Hébreux, le supplice de la croix était terminé par un coup de lance dans le côté. Jésus Christ expira après avoir en le côté percé.

     - Cyphonisme

    Il consistait à être frotté de miel et exposé au soleil à la piqûre des mouches et des guêpes. Cela se faisait de trois manières ou l'on attachait simplement le patient à un poteau ou on le suspendait en l'air dans un panier, ou on l'étendait à terre les mains liées derrière le dos. La dénomination de ce supplice vient d'un mot grec qui signifie poteau ou épieu auquel on attachait le patient ou le carcan qu'on lui mettait au cou, ou un instrument dont on se servait pour le tourmenter.
    Pratiqué par Erzsébet Báthory, la sanglante comtesse, sur quelques servantes. On enduit le corps de lait, de miel & de sucre, les guêpes, les mouches, les fourmis & autres vermines venaient se nourrir ; en mangeant ainsi une partie du condamné.


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  • Les vestales étaient à Rome chargées d'entretenir le feu sacré. Le plus grand crime qu'elles puissent commettre était de manquer à ce vœu de chasteté. On punissait même le soupçon d'une faiblesse. Une vestale fut condamnée à mort pour avoir prononcé avec un enthousiasme voluptueux les paroles suivantes : Moriar nisi nubere dulce est, et on jugea qu'elle était criminelle puisqu'elle souhaitait de le devenir et son arrêt fut prononcé. Le supplice qu'on leur infligeait est horrible; elles étaient enterrées toutes vives. Il y a dit Plutarque, auprès de la porte de la Colline, un caveau étroit ou on descendait par une petite ouverture et où l'on mettait un petit lit, une lampe allumée, et une légère provision de tout ce qui était nécessaire pour se nourrir, comme un pain, une cruche d'eau, un peu d'huile et un pot de lait, seulement pour ne pas offenser la religion en paraissant faire mourir de faim une personne consacrée avec les cérémonies les plus augustes et les plus saintes. Scrupule bizarre ! Ils craignaient de faire mourir d'abord de faim celle qu'ils enterraient toute vive et qui était forcée de mourir après sa provision consommée. On mettait la malheureuse vestale condamnée dans une litière bien fermée et couverte de toutes parts, afin qu'on ne pût pas même entendre ses cris et on la transportait en cet état à travers le forum. D'aussi loin qu'on apercevait cette litière, on se retirait pour la laisser passer, et on la suivait dans un profond silence avec toutes les marques de la plus grande tristesse. Il n'y avait point de spectacle plus horrible, point de jour plus affreux, ni plus lugubre pour Rome. Quand la litière était arrivée au lieu du supplice, les licteurs enlevaient les voiles qui l'enveloppaient et l'ouvraient. Le souverain pontife, après avoir fait certaines prières à voix basse et levé les mains au ciel, faisait sortir la vestale toute voilée; il la plaçait sur l'échelle par laquelle on descendait dans le caveau; après quoi il s'en retournait avec tous les autres prêtres. Cette malheureuse n'était pas plutôt descendue qu'on retirait l'échelle et qu'on refermait l'ouverture. On jetait ensuite beaucoup de terre afin de rendre le terrain uni. Il ne restait plus aucune marque du tombeau.

    Les Péruviens adoraient le soleil et ils attachaient, comme les Romains, la plus grande importance à la garde du feu sacré. On chargeait des vierges de ce soin et si l'une d'elles manquait à son vœu de chasteté, on l'enterrait vive, et on pendait son amant, on punissait d'un crime si énorme la femme du coupable, ses enfants, ses serviteurs, ses parents, tous les habitants de la ville où il demeurait, jusqu'aux enfants à la mamelle et on rasait la ville de fond en comble.

    Cheval

    Le voyageur Laloubère rapporte que les femmes du roi de Siam trouvent quelquefois le moyen de se faire des amants, et que la manière ordinaire dont ce prince les punit, est de les soumettre d'abord à un cheval qui est accoutumé à l'amour des femmes; après quoi il leur fait donner la mort. Au commencement du dix-septième siècle, lorsque les Japonais infligeaient aux chrétiens les plus horribles persécutions, une femme, ayant repoussé avec horreur son fils avec lequel on voulait lui faire commettre publiquement un inceste pour l'avilir et la déshonorer, fut saisie aussitôt on lui tint les bras et les mains et on la présenta à un étalon. Cette épouvantable scène se passait sous les yeux de son fils.

    En 1330, le fils d'Uladislas, roi de Pologne, nommé Casimir avait violé la fille du comte Félician et s'était enfui. Le père de l'infortunée assassina le roi à table pour se venger, il ne tarda pas à être arrêté; il fut attaché à la queue d'un cheval et traîné vivant dans les rues.

    En Bosnie les femmes des rayas reçoivent des coups de bâton pour des fautes très légères, on les frappe sur les cuisses, le dos, et le derrière après les avoir attachées tout habillées à la queue d'un cheval, les pieds en haut et la tête en bas.

    En France au quatorzième siècle un scélérat nommé Jourdain de Lille fut traîné à la queue d'un cheval avant d'être pendu. On prétend qu'en 1613 ou 1614, le roi Clotaire fit promener la reine Brunehaut autour de son camp et la fit attacher ensuite par les cheveux, par un bras et par une jambe à la queue d'un cheval indompté qui la traîna vivante sur les chemins, lui fracassa la tête sur les cailloux et la mit en pièces.


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  • Les Juifs faisaient quelquefois écraser des coupables sous des chariots armés de pointes de fer. David fit subir ce supplice aux Ammonites pris en guerre. En 562 Honorius fut dans une assemblée d'évêques nommé au siège de Saintes à la place d'Amélius évêque déposé. Il vint à Paris auprès de Charibert lui demander la confirmation de son élection. Ce roi le reçut avec colère, le fit chasser de son palais, le fit attacher sur un chariot rempli d'épines et en cet état l'envoya en exil. Philippe Auguste, ayant été vainqueur à la bataille de Bouvines donnée en 1214, fit prisonnier Ferdinand comte de Flandre. Ce roi voulut donner aux Parisiens le spectacle de son triomphe. Parmi plusieurs seigneurs captifs on remarquait à cette entrée triomphale le prince Ferdinand chargé de chaînes attaché sur un chariot traîné par quatre chevaux; devant l'illustre prisonnier, le peuple chantait ce distique inspiré pour la circonstance : Quatre ferranz bien ferrés Traînent Ferrant bien enferré. (Ce comte Ferdinand, que le vulgaire appelait Ferrand, fut enfermé au Louvre et y languit jusqu'à ce qu'il eût consenti à céder tous ses états au roi Philippe).


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