• Les guerres de religion

    Bureau des Finances, Rouen, 1510

     

    Hôtel d'Escoville, Caen, XVIe siècle

    <span-headline></span-headline><span-headline></span-headline>Les guerres de religion

    Le protestantisme s’implante tôt en Normandie (dès les années 1530), surtout dans les villes. La première ville acquise au calvinisme, Alençon où Marguerite d’Angoulême la laissa s’implanter, devient rapidement un foyer de Réforme. Les campagnes du nord du pays de Caux, de la vallée de la Seine (Caudebec-en-Caux) et du Bessin sont touchées. Le Cotentin est gagné par les idées de la Réforme plus tard (deuxième moitié du XVIe siècle) : le sieur de la Mare, Pierre de Comprond est brûlé vif à Coutances.

    Les succès de la Réforme s’expliquent par le trafic des indulgences et l’absence des curés. La région est relativement riche et alphabétisée, ouverte sur les influences extérieures par le négoce. Rouen est le troisième centre d’impression de livres en France. De nombreux imprimeurs sont aussi installés à Caen.

    Les protestants sont avant tout des petits nobles, des bourgeois de Caen

    1562 : début des guerres de religion : iconoclasme s de Caen et des artisans du textile.
    dans plusieurs villes (Alençon, Rouen, Caen, Coutances, Bayeux) ; siège et pillage de Rouen en octobre ; traité d'Hampton Court
    1572 : Saint-Barthélemy : massacre de protestants à Rouen
    21 septembre 1589 : bataille d’Arques
    1590 : bataille d’Ivry

    À la fin du XVIe siècle, le protestantisme recule en Normandie, même s’il reste relativement bien implanté à Caen et Alençon. Peu avant la révocation de l’Édit de Nantes par l’Édit de Fontainebleau de Louis XIV en 1685, la Normandie est la province du nord de la France qui compte le plus d’habitants acquis à la Réforme. Au nombre de 200 000, ceux-ci forment la partie la plus industrieuse de la population normande. À la révocation, pas moins de 184 000 (92 %) protestants mettront leur proximité avec la mer à profit pour s’enfuir vers l’Angleterre et la Hollande, pays protestants avec lesquels ils entretenaient des relations suivies. Plus de 26 000 habitations normandes sont désertées. La population de Rouen chute de 86 000 à 60 000 habitants. La sortie du royaume des plus riches des 4 000 protestants de Caen, qui se livraient presque tous au commerce maritime, appauvrit ainsi la population privée des relations commerciales précédemment entretenues par ceux-ci. La totalité des protestants de Coutances émigrent, emportant avec eux en Angleterre toutes les manufactures de toiles qu’ils possédaient. La moitié des 800 réformés que compte Saint-Lô passe à l’étranger. Plus de la moitié des 300 réformés de l’élection de Mortain s’établit en Angleterre et en Hollande. L’émigration des maîtres, suivis de leurs plus habiles ouvriers – non seulement protestants mais quelquefois même catholiques désireux de conserver leur emploi –, ruine pour plusieurs années les diverses branches de commerce et d’industrie qui florissaient auparavant à Rouen, Darnétal, Elbeuf, Louviers, Caudebec, Le Havre, Pont-Audemer, Caen et Alençon au point que cette province autrefois industrieuse suffit désormais à peine à sa propre consommation.

    Les violences religieuses n’épargnent pas la province : près de 80 000 Normands réformés s’exilent en Prusse, aux Pays-Bas et en Angleterre.


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