• ROBERT 1er de BELLÊME

    Seigneur de Bellême, Sa mort  en 1034.

        Les deux aînés de la maison de Bellême, Guérin et Foulques, étant morts avant leur père, Robert ler du nom lui succéda dans les seigneuries de Belléme, d'Alençon, de Domfront et d'autres lieux. Il laissa à peine aux blessures qu'il avait reçues dans le combat de Blavou, le temps de se cicatriser, pour recommencer la guerre contre le comte du Maine, relativement à la possession du Sonnois que son aïeul avait usurpée.

    La fortune fut d'abord favorable à ses armes: ayant attaqué vigoureusement le château de Ballon, frontière du Sonnois, la clef du Maine et la place la plus forte du pays, il parvint à s'en rendre maître en l'emportant d'assaut. Mais les choses ne tardèrent pas à changer de face - Herbert Eveille-Chien, alors comte du Maine, enleva bientôt à son tour cette forteresse à Robert de Belléme.

    Celui-ci, outré de dépit de se voir ravir si promptement une place qui depuis longtemps était l'objet de sa convoitise, ne se tint pas pour battu; et voulut revenir à la charge, mais la fortune, qui avait déserté us drapeaux pour suivre ceux d'Herbert continua de lui être contraire. Ses efforts et sa vaillance n'eurent d'autre résultat que la défaite complète de son armée; lui-même, fait prisonnier par les Manceaux, fut jeté dans les cachots du château où il resta deux ans entiers. Ennuyé de cette longue captivité de son seigneur, un noble chevalier, nommé Guillaume Giroye, seigneur de Courcerault, résolut, à la tête d'autres braves chevaliers, de briser les chaînes de Robert et de l'arracher des mains de ses ennemis.

    Ayant dans ce dessein réuni sous leur bannière tous les gentilshommes et châtelains du Bellèmois, ils entrèrent dans le Maine, attaquèrent Ballon, et déployèrent tant de courage, qu'ils battirent complètement les troupes du comte Herbert. Au nombre des prisonniers faits par les troupes percheronnes, se trouvait un illustre chevalier manceau, nommé Gauthier-Saldaigne; deux de su fils forent pris avec lui.

    Le ressentiment des Bellémois était porté à un tel point, que malgré les représentations et les instantes prières de Giroye, leur chef, au mépris du droit des gens, sourds à la voix de l'honneur et de l'humanité, ils traitèrent leurs malheureux captifs avec la dernière brutalité; car après les les avoir attachés à un gibet, ils les firent périr dans les tourments.

    Deux autres fils de Saldaigne, qui faisaient partie de la garnison de Ballon, n'ont pas sitôt appris la fin tragique de leur père et de leurs frères, que stimulés parla rage et le dépit, dévorés parla soit de la vengeance, n'écoutant que la voix du sang paternel si indignement répandu, ils volent à la prison où était le sire de Belléme, se ruent sur l'infortuné captif, lui déchargent force coups de hache, lui fracassent la tête, et ne laissent en se retirant qu'un cadavre horriblement mutilé et baigné dans son sang Telle fut la fin tragique du troisième fils de Guillaume Ier de Belléme.

    La vengeance divine semblait s'être appesantie sur cette famille, puisque les deux aînés avaient également péri de mort violente. Cet événement eut lieu en l'an 1034, un an après que Robert eut pris possession de son héritage. Suivant d'autres chroniqueurs, Robert de Belléme, en déclarant la guerre à Herbert Eveille-Chien voulait défendre les droits de son oncle Avesgaud, évêque du Mans, que son persécuteur prétendait chasser de son siège, comme il le fit en effet.


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