• Jean Adigard des Gautries est né à Alençon en 1889. Bachelier en 1906, puis étudiant de l'école des langues orientales, il obtient une double licence : ès lettres (histoire) et en droit. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est attaché à l'intendance de l'armée polonaise à Paris. De 1919 à 1922, il enseigne l'histoire et la géographie au collège de Lisieux. Nommé lecteur de français et chargé de cours de langue et de littérature françaises à l'université d'Oslo de 1922 à 1925, il présente, lors du troisième congrès de la Fédération des sociétés normandes pour la défense du régionalisme se tenant à Alençon en 1925, des observations sur l'onomastique des familles normandes et fait campagne pour l'unification de la Haute et de la Basse-Normandie. De 1925 à 1940, il reprend ses fonctions, mais à l'université de Copenhague.

    La Seconde Guerre mondiale le fait revenir en France. Il enseigne à Paris de 1940 à 1942, puis à Alençon en qualité de professeur d'histoire et de géographie au lycée d'Alençon de 1942 à 1946. De 1946 à 1950, il est attaché au Centre national de la recherche scientifique puis il est de nouveau nommé professeur d'histoire au lycée d'Alençon en 1950. En 1951, il obtient son doctorat ès lettres. D'octobre 1951 à octobre 1955, il est de nouveau détaché au C.N.R.S. En 1956, il est élu à la présidence de la Société historique et archéologique de l'Orne qu'il quitte en 1961. Il assiste alors aux séances de la Société académique de Falaise et assure la présidence de la Société des antiquaires de Normandie.

    Spécialiste d'onomastique, d'anthroponymie et de toponymie, Jean Adigard des Gautries, décédé en 1974, a publié une œuvre importante dont Pierre Flament a dressé le catalogue. Je ne citerai que les titres des études se rapportant à l'histoire d'Alençon : La Libération dans la région d'Alençon, 1945 ; Les noms de quartiers et de lieux-dits d'Alençon attestés entre 1060 et 1108 dans le cartulaire de Saint-Martin de Sées, 1957 ; La réunion en 1805 d'une partie de la commune de Saint-Paterne à celle d'Alençon, 1958 ; Alençon hier et aujourd'hui, 1964.


    votre commentaire
  • Henri II d'Albret, né en 1503, est le fils aîné de Jean d'Albret, roi de Navarre, et de Catherine de Foix.

    Roi de Navarre à la mort de son père, il est le second époux de Marguerite d'Orléans, sœur de François Ier et duchesse d'Alençon.

    Leur fille, Jeanne d'Albret, sera la mère d'Henri IV.

    Henri d'Albret, décédé en 1555, n'eût presque aucun rôle dans l'histoire alençonnaise. Nous savons toutefois qu'il a donné un règlement général pour l'hôtel-Dieu et qu'il confirma le droit qu'avait cette institution de prendre cent quatre charretées de bois de chauffage dans la forêt d'Écouves.


    votre commentaire
  • Fille de Henri II d'Albret, roi de Navarre, et de Marguerite d'Orléans, sœur de François Ier et duchesse d'Alençon, Jeanne d'Albret est née en 1528. Élevée dans les premières années de son enfance à Lonrai, elle quitte Alençon en 1539 pour le château de Plessis-lès-Tours.

    En 1541, François Ier, pour des raisons politiques, l'oblige à épouser le duc de Clèves, contre son gré et celui de ses parents. En 1544, Marguerite d'Orléans vient à Alençon où séjourne sa fille. Toutes deux s'emploient à annuler le mariage de Jeanne qui, bien que célébré, n'a pas été consommé, eu égard au jeune âge de la princesse. Elles rédigent une demande de cassation au pape ayant comme argument la contrainte qui a présidé à l'union et présentent la protestation rédigée la veille de celle-ci : l'annulation est prononcée l'année suivante.

    Trois ans plus tard, elle épouse en secondes noces Antoine de Bourbon, fils de Charles de Bourbon et de Françoise d'Alençon, cette dernière fille du duc René d'Alençon et de la duchesse Marguerite de Lorraine. En 1553, elle donne le jour au futur roi de France Henri IV.

    Après la mort de son père, survenue en 1555, elle devient reine de Navarre. Vers 1560, à Nérac, elle se convertit à la réforme, devient un des chefs de file du parti protestant, maintient son royaume indépendant à l'égard de la France et, en 1567, y impose le calvinisme.

    Très énergique, la raideur de son caractère fera écrire à Agrippa d'Aubigné qu'"elle n'eut de femme que le sexe".

    Jeanne d'Albret, qui est décédée en 1572, a laissé bon nombre de vers, la plupart inédits.


    votre commentaire
  • Anne d'Alençon, dont nous ignorons la date et le lieu de naissance, est la fille de Charles d'Alençon, décédé en 1545, et de Germaine Balue.

    Charles d'Alençon, seigneur de Cany (Seine-Maritime) et de Saint-Paul-le-Vicomte (Sarthe [autrement dit Saint-Paul-sur-Sarthe, ancienne commune réunie en 1863 à celle de La Fresnaye-sur-Chédouet]), est un fils bâtard du duc René d'Alençon (1440-1492).

    Germaine Balue est la nièce du cardinal Balue, l'inventeur des cages de fer de Louis XI qui avait fait enfermer dans une de celles-ci le duc René en 1481 pendant douze semaines.

    Quelquefois appelée Mlle de Saint-Paul, Anne d'Alençon figure parmi les demoiselles de sa tante par alliance, la duchesse d'Alençon Marguerite d'Orléans, épouse du duc Charles IV, fils légitime de René et de Marguerite de Lorraine (1463-1521).

    En 1526, elle rencontre le poète Clément Marot (1496-1544), appartenant à la maison d'Alençon, qui en devient très épris, mais la passion de celui-ci resta platonique. Voici quelques vers qu'il lui dédia :

    "J'ay une lettre entre toute eslite :

    J'ayme un pays et ayme une chanson ;

    N est la lettre en mon cœur bien escrite,

    Et le pays est celuy d'Alençon."

    Au XVIe siècle, Anne se prononçait à peu près "Enne". Derrière "N" se cache Anne.

    En 1540, Mlle de Saint-Paul épouse Guillaume de Bernay, écuyer tranchant de Mme la Dauphine. À cette occasion, Clément Marot lui adresse un madrigal mettant fin à leur roman d'amour.

    Nous ignorons tout d'elle ensuite.


    votre commentaire
  • Troisième enfant de René et de Marguerite de Lorraine, respectivement duc et duchesse d'Alençon, Anne, descendante directe des Capétiens, est née, très probablement à Alençon, le 30 octobre 1492, deux jours avant la mort de son père survenue dans cette ville le 1er novembre suivant.

    Devenue veuve après quatre ans de mariage, Marguerite de Lorraine s'applique à former, dès leur jeune âge, l'esprit et le cœur de ses enfants Charles, futur duc d'Alençon, Françoise et Anne.

    Le 31 août 1508, Anne d'Alençon épouse, à Blois, Guillaume IX Paléologue, marquis du Monferrat (Italie), issu d'Andronic Paléologue, empereur de Constantinople. Trois enfants naîtront de ce mariage : Marie, Marguerite et Boniface.

    À son arrivée à Casale, capitale du Montferrat, Anne découvre une ville venant d'être agrandie par son beau-père Boniface et les frères de celui-ci, Guillaume VIII et Théodore qui est cardinal. Ces derniers eurent une action déterminante sur les transformations culturelles, institutionnelles et urbanistiques de la ville. Anne et Guillaume poursuivront leur œuvre. Aux XVe et XVIe siècles, Casale se développe et devient un des principaux centres artistiques du Piémont. Le cardinal Louis d'Aragon, hôte d'Anne et de Guillaume, évoque "une ville aux bastions très bien entretenus et très solides, parsemées de belles places et de palais ; Casale est une ville belle et agréable, grâce aussi à la largeur de ses rues, toutes pavées". Quant à leur demeure, elle est "très bien décorée, avec plein de serviteurs et de nombreux gentilshommes habillés avec élégance, [...] l'écurie est bien aménagée et très décorée avec 85 chevaux racés [...]".

    Devenue veuve le 4 octobre 1518, la marquise Anne, de son palais qui existe toujours via Alessandria, gère les terres de Casale sans toucher aux privilèges communaux avec sagesse, clairvoyance et "une dextérité qui fit la joie de ses amis et la confusion de ses ennemis". Animée par une ardente foi religieuse, elle attache son nom à des œuvres importantes : elle protège et comble de bienfaits l'hôpital de la ville, transforme le palais Trévise en couvent, etc.

    Après la mort de son frère, le duc d'Alençon Charles IV, décédé le 11 avril 1525 à Lyon, le duché d'Alençon et le comté du Perche sont réunis à la Couronne de France malgré les protestations des deux sœurs. Anne hérite cependant des seigneuries de la Guerche et de Pouancé qu'elle vendra en 1541 à Charles de Cossé, comte de Brissac, maréchal de France, et que son petit-fils, le duc de Nevers, rachètera en 1567.

    Ayant marqué de son empreinte l'histoire du Montferrat, célèbre par ses vertus et sa piété et restée dans le cœur des habitants de Casale, Anne d'Alençon s'est éteinte le 12 octobre 1562 dans le couvent Trévise parmi les religieuses cloîtrées.

    Le Lions Club d'Alençon est jumelé avec celui de Casale.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique